Né en Finlande en 1974
1995-2000 University of Arts and Design Helsinki, Master of Arts
2006 Walter Runeberg Foundation Award Stina Krook Foundation Award
2005 Frame-fund, exhibition scholarship Svenska kulturfonden, a 2-year artist grant Arts Council of Finland, travel grant
2004 Young artist of the year 2004, Tampere Art Museum, Finland Artist of the month, Frame-fund, July 2004
2003 Best in Show,Toronto Outdoor Art Show Svenska Kulturfonden
2001 Svenska Kulturfonden Paulo Foundation
1998 University of Arts and Design Helsinki
L’œuvre de Kim Simonsson est proche de l’univers des mangas et des dessins animés japonais. L’artiste assume une certaine attirance et fascination pour cet univers ultra contemporain et urbain de la culture nippone, allant jusqu’à qualifier son travail de « Finn-ish quasi-manga ». Il y a effectivement des points communs, mais un examen attentif permet de constater d’importantes différences comme l’absence de toute couleur, d’allusions à la sexualité et d’attitudes violentes. De plus, il ne s’agit pas là, en fait, du seul référent possible. Son travail s’inscrit tout autant dans une logique très occidentale aux références aussi variées qu’anciennes. Le travail de Kim Simonsson se caractérise par l’absence totale de naturalisme et de réalisme expressif. Il s’attache plus à la perfection formelle des œuvres. En fait, il aborde la question – ô combien délicate – de la figuration mais par une autre voie. S’il y a restauration de la formule, il n’y a pas pour autant de retour à l’idéal classique mis à mal défini-tivement par le XXe siècle. L’idée de rupture, chère à la modernité, est toujours d’actualité mais elle prend une autre forme – on songe au maniérisme –, en adéquation avec notre esthétique et notre culture contemporaines. La tradition est assimilée – il n’y a pas de retour possible – et les acquis de la modernité font partie intégrante de celle-ci.
Il se dégage de son œuvre une extrême sensibilité. Il s’agit de purs moments de grâce d’où la poésie n’est jamais absente. Les attitudes, les volumes constitués de formes simples et pleines, les surfaces lisses sans aspérités sur lesquelles notre regard glisse, tout cela concourt à créer un art très personnel et finalement hautement sophistiqué. En fait, Kim Simonsson nous donne l’impression de fixer un nouveau type à l’élégance et à la grâce troublantes.Et pourtant, étonnamment, ce qui l’attire, ce sont les tourments. Cette plénitude et cet idéal de douceur des êtres représentés sont très apparents et masquent une réalité inquiète. Les œuvres qu’il réalise donnent une impression d’éloignement et de flottement. Les attitudes et actions sont détachées de toute idée d’expression. Les visages restent impassibles et muets. Ils évoluent dans un monde de silence proche d’une certaine forme d’autisme. À l’absence de tumulte formel répond l’absence de tumulte affectif et social.
Yves Peltier