Jean-Gabriel Cruz

Né en 1978 à Madrid, Espagne

2004 Haute école d’art et de design, Genève, Suisse

2007 Université d’art et design de Kyoto, Japon

Diplômé de la Haute Ecole d’Art et de Design de Genève, Jean-Gabriel Cruz met en relation matériaux traditionnels et vision personnelle d’un monde contemporain devenu extrêmement complexe, fortement urbanisé et nourri d’influences multiculturelles fortes. Au travers d’œuvres très diverses, allant de la sculpture à l’installation, il détourne souvent des techniques ancestrales comme la céramique pour formuler un discours résolument contemporain s’articulant autour de la pop culture, des mangas et des jeux vidéo.

Avec la série d’objets présentée à l’occasion de cette exposition - improbables télescopages formels entre des équipements sportifs, des éléments d’armures médiévales et des carapaces d’insectes - Jean-Gabriel Cruz met en évidence la violence savamment entretenue dans notre société contemporaine (les pratiques sportives l’illustrent parfaitement) et trop souvent à notre insu. Ces objets sont les reliquats accusateurs de nos comportements, de nos pratiques, de notre manière de concevoir les rapports aux autres.

Notre regard appréhende ces pièces comme des témoignages quasi-archéologiques, hors du temps. Jean-Gabriel Cruz organise même parfois leur présentation avec une science entomologique. Toute présence humaine y est stratégiquement escamotée et pourtant la référence à la matérialité du corps y est évidente. Ces objets nous disent notre absence d’humanité et le danger d’une destruction, d’un anéantissement total, tant moral que physique mais aussi notre goût douteux pour les esthétiques militaires et guerrières qui risquent bien d’être les derniers témoignages de notre animalité primaire et destructrice.

« Si la céramique exprime tout à la fois la fragilité de par la matière et la résistance de par la forme, ces pièces censées être portées à même le corps traduisent une sécurité illusoire qui finit par emprisonner le porteur. Tout comme l’animal du Terrier de Kafka finit par être le propre prisonnier des installations destinées à le protéger de ses ennemis, ces armures esthétiques, et pourtant handicapantes, finissent par nier leur propre raison d’être en supprimant la liberté de leur porteur et finalement sa raison de vivre. »

Yves Peltier

 

 

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Conception/Réalisation : Laurent de Verneuil