Née en 1959 à Bruxelles, Belgique
2006 Invitée par la Manufacture nationale de Sèvres, France
2005 Elle se rend à Jingdezhen, Chine
2004 Elle est invitée à travailler dans les entreprises Montrieux, France
1995-1996 Invitée par Shigeo Toya, elle effectue quatre voyages au Japon
1991-1993 Bourse de la Casa Velázquez
1987-91/1993-2000 Enseigne le dessin et la sculpture aux ateliers de la Ville de Paris
Elle enseigne depuis à l’École supérieure des beaux-arts, Angers, France
1985-1992 Elle travaille régulièrement dans les carrières de pierre bleue des Avins-en-Condroz, Belgique
1983-1985 Apprentissage de la céramique à Salvatierra de los Barros, Espagne
Étudie à l’École supérieure d’arts plastiques, Bruxelles, Belgique, et à l’École nationale supérieure des beaux-arts, Paris, où elle est diplômée en 1984
Clémence Van Lunen est sculpteur. Sa curiosité la pousse vers toutes sortes de matériaux. La porcelaine l’intéresse tout spécialement pour sa plasticité et a, depuis un certain temps, sa préférence. Avec Fleur, la pièce qui a reçu le Grand Prix à la Biennale de Vallauris en 2008, elle mettait en place et construisait des volumes dans l’espace en l’utilisant de manière peu conventionnelle. Elle la traitait avec force. En fait, entre ses mains, de nouvelles possibilités de pratiques et d’expressions deviennent possibles et, pour le coup, étonnamment évidentes.
Pour réaliser Fleur, Clémence Van Lunen avait moulé du Bulgomme, créant des feuilles de porcelaine qui reprennent le célèbre et si em-blématique motif hexagonal de ce matériau. Ce principe, récurrent dans son travail, permettait de conserver, une fois la pièce terminée et cuite, une certaine forme de délicatesse. Ce contraste entre impression et réalité physique créait une impression d’inattendu, d’incongru même.
Avec Gothic, représentation d’une sorte de robot, à moitié Dark Vador, à moitié figure à la Arcimboldo, elle construit de manière virile, par accumulation, un volume puissant et robuste qui confère au sujet représenté toute sa force. Nous sommes là dans un même registre avec des procédés et un rendu pourtant bien différents.
Les techniques utilisées sont, avec Gothic, en apparence plus conventionnelles. Malgré tout, comme pour Fleur, il s’agit d’une œuvre très expressive, puissante. Son volume est spectaculaire et peu ordinaire pour une œuvre en céramique. L’excès et même « l’outrancier », les références à l’ornemental et une certaine forme de kitsch qui sont intégrés au processus de création, participent à l’impression de jubilation qui s’empare de celui qui la regarde. L’ambition même du projet (les dimensions sont impressionnantes) n’empêche en rien une certaine forme de poésie et d’humour.
Yves Peltier